Assumer sa démarche écoresponsable

Dans notre quête vers une consommation plus saine, responsable, éthique, respectueuse, etc… il y a un sujet qui m’intéresse particulièrement, c’est notre relation aux autres lorsqu’on a eu une prise de conscience et qu’on a décidé de changer. 

Si ce n’est pas déjà fait, je t’invite à lire mes 2 articles :
« Faut-il laisser son conjoint « aller à son rythme »? »
« Etre le seul végé de sa famille… et bien le vivre! »

Ca te donnera une petite idée de mon point de vue sur la question.
En effet, depuis le tout début de ma démarche, j’ai toujours été persuadée que ce n’est pas en méprisant les autres, en les harcelant, en les emmerdant qu’on peut les faire changer.
Moi-même je suis tellement navrée quand j’entends ou que je lis certains vegan ou écolos radicaux, car je me dis que malgré eux ils desservent leur cause plutôt qu’autre chose.

Même sans parler de radicaux ultra relou, j’avais aussi abordé la question des saboteurs danscet article un jour de grand ras le bol contre les personnes qui passent leur temps à dévaloriser la démarche des autres.

Du coup, mon point de vue est plutôt clair sur le sujet.

Notre démarche est personnelle.
Bien sûr qu’on aimerait que le monde entier fasse comme nous, mais en tant que grandes personnes responsables (hum), nous avons normalement passé la période du Terrible Two, et si tout va bien, on ne devrait pas se rouler par terre en faisant une grosse colère si ce n’est pas le cas.
C’est pas toujours facile, je vous l’accorde.

J’ai donc toujours cru en la force de l’exemple.
Ne pas chercher à convertir, mais montrer ce que l’on fait nous et répondre aux questions.
Autrement dit, plutôt que d’aller VERS les autres en leur disant que ce qu’ils font n’est pas correct, rester centrés sur NOUS.

Je mets une phot de fleur parce que c’est beau même si ça n’a rien à voir

 

Mais du coup, une autre facette de cette question m’est apparue récemment.

Je me suis mise à repérer certains comportements, qui ne m’ont pas étonnée car moi-même je suis passée par là très longtemps, mais que j’avais envie de vous partager maintenant qu’ils ont disparu pour moi.

Je vois par exemple :
– Des personnes qui utilisent des mouchoirs en tissu chez elles, et des mouchoirs en papier à l’extérieur. Moi je l’ai fait ! Pendant longtemps j’avais une sorte de « honte » de sortir mes mouchoirs en tissu en public.
– Des personnes qui suivent des pages sur les réseaux sociaux mais qui ne s’y abonnent pas pour ne pas que leur entourage le voie.
– Quasiment tous les jours sur GBEM, nous avons des demandes de publications anonymes de personnes qui connaissent des gens sur le groupe mais qui ne veulent pas qu’ils connaissent leurs questionnements ou leurs difficultés.
– Des personnes qui sont végétariennes chez elles mais qui ne le disent pas à leur entourage et continuent à manger de la viande chez la famille ou les amis
– Des personnes qui n’osent pas dire qu’elles ne changent pas de vêtements tous les jours, qu’elles ne prennent pas de douche tous les jours ou qu’elles ne tirent pas la chasse à chaque micro pipi. Quand j’avais écrit cet article « Serais-je une grosse crado ? » sur mon ancien blog, j’avais reçu des tonnes et des tonnes de commentaires de personnes soulagées qui me disaient qu’elles faisaient exactement pareil, et soulagées que quelqu’un le dise !
– Des personnes qui n’achètent pas de cadeaux d’occasion de peur de paraître radins, ou même qui achètent d’occasion mais ne le disent pas.
– Et même pour les vêtements d’occasion, je connais des gens dans la vraie vie qui ont honte d’acheter de seconde main, qui me le disent à moi car je suis dans la démarche, mais qui le cachent à leur entourage.

Bref, des exemples comme ça, j’en ai des tonnes.
Moi-même j’ai eu longtemps ce genre de comportements donc loin de moi l’idée de critiquer.

J’ai donc fouillé dans mon expérience et dans ce que j’ai vu autour de moi pour me demander pourquoi.

Pourquoi on fait ça ?
La réponse est assez simple finalement : c’est parce qu’on a peur du regard des autres.
Et particulièrement :
– Peur de paraître sale
– Peur de paraître pauvre
– Peur de paraître radin
– Peur d’être catégorisé « écolo relou »
– Peur d’être catégorisé tout court
– Peur de ne pas avoir assez d’arguments pour justifier notre démarche

Et je ne vais pas vous dire que c’est simple de se défaire du regard des autres, pas du tout !
D’ailleurs si à l’époque on m’avait servi le discours : « Nan mais tu t’en fous du regard des autres, c’est vraiment con d’agir en fonction de ça, blablabla », j’aurais fui en courant.

Alors ce que je vais plutôt faire, c’est vous amener quelques billes de mes réflexions :

1/ Le monde et nos modes de consommation sont en train de changer
Consommer responsable devient une préoccupation du grand public et plus seulement une lubie d’écolos illuminés. Contrairement à il y a seulement quelques années, aujourd’hui il n’est plus du tout honteux de dire qu’on achète des vêtements d’occasion ou qu’on utilise des lingettes lavables. C’est vraiment bien passé dans les pratiques de beaucoup de gens donc il n’y a plus aucune raison de le cacher, on ne vous regardera plus de travers.

2/ Montrer la joie que l’on ressent à consommer responsable
Quand on me complimente sur une tenue ou un rouge à lèvres, déjà je dis merci, et je ne manque jamais de dire que les vêtements viennent de chez Ding Fring ou qu’une copine me les a donnés, et que mon rouge à lèvres vient de chez telle ou telle marque, qu’il est bio et vegan.

Photo collector que j’ai envoyée un jour à mes abonnés pour leur dire que je ressentais à fond le Beyoncé Spirit dans mes fringues Once Again (friperie en ligne), mes chaussures Ector Sneakers en bouteilles plastique recyclées et rouge à lèvres Zao (le duck face, c’est cadeau) :

3/ Travailler sur l’impact du regard des autres sur soi
C’est différent que de dire : « Nan mais tu t’en fous du regard des autres ! »
C’est faux. On ne s’en fout pas.
Du coup ça peut être intéressant, en toute bienveillance et sans jugement envers soi-même, de se demander par exemple :
– Pourquoi j’ai honte de parler de telle pratique ?
– Qu’est-ce que ça réveille en moi ?
– Qu’est-ce qui se passerait si : au choix : mes collègues que j’ai en amis sur Facebook voyaient que je suis abonné à une page écolo ? Ma belle-sœur savait que je suis en difficulté financière parce que j’ai fait des erreurs dans le passé mais que je reprends les choses en main ? Ma copine fashion victim savait que je m’habille en seconde main ? Il ne faut pas que cette idée vous passe juste comme ça par la tête, hein, je voudrais que vous répondiez sincèrement aux questions.
Alors, à votre avis, comment réagiraient ces personnes ? Qu’est-ce qu’elles diraient ? Comment vous pourriez y répondre ?
En plus vous savez quoi ? Des fois on projette la réaction des gens et en fait souvent ça ne se passe pas du tout comme on l’avait imaginé !

4/ Arrêter de se justifier
Souvent on cache ce qu’on fait car on n’a pas envie d’être critiqués ou de se justifier.
Eh bien tu veux que je te révèle l’illumination qui a changé ma vie à tout jamais ???
C’est qu’on peut ET faire ce qu’on veut, ET ne pas se justifier, ET ne même pas s’embrouiller avec les gens ni les blesser.
Si la conversation devient chiante, un beau sourire avec « Moi je fais comme ça, toi tu fais comme tu veux bien sûr » et hop, terminé. Sauf que comme dit plus haut, on projette bien souvent que la conversation va devenir chiante alors que ce n’est pas toujours le cas.


Voilà voilà, maintenant j’ai super hâte de savoir ce que vous pensez de tout ça !
Est-ce qu’il y a encore des comportements que vous cachez à des gens ?
Est-ce que ça vous a donné des pistes de réflexion ?


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8 réflexions sur “Assumer sa démarche écoresponsable

  1. Pimpanicaille dit :

    Bjr Marie,
    Je ne cache plus rien à personne. Je n’en fais pas des tonnes mais les gens le savent. Je séparerais les choses entre le véganisme où plus le temps passe et moins je considère que c’est un acte personnel et l’écologie dans son sens large.

    Je mets parfois du temps pour changer mes habitudes comme pour les mouchoirs en tissu par ex mais à partir du moment où j’ai changé d’avis je le montre et j’explique le pourquoi et comment je fais pour l’hygiène. J’ai un sac en tissu pour les mouchoirs propres et un autre pour le sale en permanence dans mon sac à dos. Pour les vêtements de seconde mains je n’y arrive pas. Me dire que quelqu’un l’a porté m’est difficile mais je n’achète un vêtement que par nécessité. Qui sait, je changerai sûrement d’avis. Il y a un an j’étais une opposée farouche aux mouchoirs en tissu.

    J’essaie à mon petit niveau de proposer des petits changements à mon travail en étant cool. En ce qui me concerne je pense que l’approche de la cinquantaine fait que j’assume plus les choses.

    Pour le véganisme/lisme je trouve que cela revient à dire chacun fait ce qu’il veut dans son assiette mais pendant ce temps des animaux se font massacrer. Après je ne suis pas violente et je n’irai pas en prison comme les activistes qui ont vandalisé des boucheries mais je peux comprendre leur impatience.

    Sinon j’ai acheté le Télé 7 jours. Une 1ère! Je vais le lire et je le laisserai ensuite traîner à mon travail.
    Bonne journée!

  2. Sophie dit :

    Bonjour,

    Je réponds pour la 1ere fois car le sujet m’interpelle autant: le regard des autres!

    Pour commencer petites informations qui ont leurs importances, je suis rousse, j’ai tâches de rousseurs, je mesure 1m75 et 55kg! Dès mon plus jeune âge j’ai subi des moqueries par rapport à ma couleur de cheveux, mes tâches de rousseur, ma taille, mon poids. On subit en permanence le regard des autres et la peur du jugement. Je me suis battu (littéralement, j’ai frappé des gens, je n’en suis pas fière mais j’avais 8 ans !) et puis j’ai compris un truc qui a changé ma vie : de toute façon les gens auront TOUJOURS quelques choses pour se moquer de nous.
    La grand-mère de mon conjoint dit souvent une phrase qui résume la situation « je suis comme une toile cirée, tout glisse sur moi ».

    Je suis connue (entendons-nous bien, par ma famille et mes amis) comme une écolo, bio, de saison bref une licorne mais ( il y a toujours un mais). Je suis une adepte du vernis (végan avec 90% d’ingrédients naturels fait au Luxembourg) et la des gens trouvent le moyen de me dire « oui, mais tu l’enlèves avec du dissolvant et des cotons démaquillants » . Alors ou c’est vrai, j’enlève mon vernis avec des produits pas écolo mais je fais beaucoup plus que la plupart des gens alors j’en suis fière. Bref le monde est imparfait, je suis imparfaite et ma démarche est imparfaite.

    Je ne cache rien de ma démarche, j’explique si on me demande mais je n’impose rien. Les gens veulent penser que je suis radine, ben qu’il le pense, ils veulent penser que ça ne sert à rien, ben qu’il le pense moi je pense le contraire. La seule chose que j’impose c’est le fait que non ça ne coute pas plus cher, j’explique le pourquoi du comment et là je ne lâche rien !!

    Tout ça pour en venir la : une fois que l’on a compris que l’on est une toile cirée, on se fiche du regard des autres car on peut être fière de chaque chose qu’on peut mettre en place et pouvoir l’expliquer.

    Sophie, une licorne fière avec une cape en toile ciré et du vernis rouge!

  3. Curiello Jeanne dit :

    Pas mal. Je te donne mon exemple : J ai un chien je ramasse ses grosses crottes (labrador au transit caca 2 fois par jour). Au début on se moquait de moi aujourd hui j ai fait des émules dans le ramassage de la crotte en ville. Ça m empêche pas de temps en temps de ma fenêtre : hep vous avez oublié vos commissions :)…. C est pareil dans certains domaines….

  4. Cécile dit :

    Au travail, alors qu’on m’avait complimenté sur une robe et que j’avais dit « merci et tu sais pas quoiiii je l’ai trouvée dans une brocante pour pas un rond », on m’a répondu « mais faut pas le dire ». Comme si c’était honteux. Bah moi j’ai pas honte, han! C’est 1000 fois plus honteux d’acheter des fringues sorties de l’usine fabriquées par les exploités du tiers-monde (mais moi je ne jette pas la pierre aux autres, je ne suis pas parfaite non plus).
    Vive les brocaaaantes!

  5. Alice dit :

    Bonsoir ! Merci pour cet article. Je partage tout a fait ton positionnement : j’ai un mode de vie relativement engagé que j’assume (= pas caché) sans chercher a juger ni convaincre personne.
    Mon problème, c’est que certaines personnes se sentent profondément jugées par le simple fait que je fasse différemment, et me rejettent ou me mettent a distance pour cela (si si, vraiment). Je suppose que ça les renvoie a des questions qu’elles n’ont pas envie de se poser, mais franchement, c’est assez rageant.. parfois ça me fatigue de devoir déployer des trésors de tolérance là où il n’y en a pas en face..

  6. Anonyme dit :

    J’utilise un shampooing et un savon solide depuis bientôt 1an (merci le groupe FB)…sauf qu’il y’a 3semaines dans les douches communes de ma piscine, mon savon a glissé et est tombé par terre….tout le monde m’a regardé bizarrement, je me suis sentie gênée…la semaine suivante je suis venue avec un gel douche…pffffff :-/

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