Helios lance son compte commun : l’occasion de parler couple et argent!

Aaaaaaaaaah, l’argent dans le couple, est-ce qu’on serait pas là sur un sujet bien touchy comme on les aime ?

« Ce qui est à toi est à moi, cœur cœur love love ». C’est c’là oui !

On nous fait croire que gérer l’argent en couple est quelque chose d’intuitif, de facile, un long fleuve tranquille… Résultat : il arrive parfois des déconvenues qu’on n’a pas forcément vues venir, et qu’on aurait pu éviter !

Cet article, c’est ce que j’aurais aimé qu’on m’explique la première fois que j’ai ouvert un compte commun avec un compagnon ! Il n’est jamais trop tard pour réajuster les choses et repartir sur de bonnes bases !

Je tiens tout d’abord à remercier HELIOS  qui, en me rémunérant pour la rédaction de cet article, me permet d’approfondir un sujet qui me tient vraiment à cœur.

HELIOS est une écobanque éthique qui mise à fond sur la transparence et la pédagogie à propos de ce qu’ils font réellement de notre argent, et sur le système bancaire en général.

J’adore la manière dont ils essaient au quotidien de rendre accessible ce qui nous parait nébuleux pour qu’on reprenne notre pouvoir de consommateur.

Ils lancent actuellement leur compte commun !!!

Comme pour le compte courant ou le compte jeune, pas un seul euro n’ira financer l’extraction pétrolière, l’élevage intensif ou encore les pesticides chimiques !

Avec HELIOS, vous avez les mêmes garanties et avantages qu’une banque traditionnelle: dépôts protégés, cartes VISA, conseiller dédié, etc…

Je suis cliente chez HELIOS depuis mars, j’ai un compte courant.

Le compte commun que j’ai avec mon amoureux est toujours dans une banque pas éthique du tout par contre, rapport à notre crédit immobilier, et ça me fait bien ronchonner. Mais sachez que ce n’est pas une obligation lorsqu’on a un prêt immo que celui-ci soit prélevé sur un compte de la même banque, renseignez-vous bien !

Ouvrir un compte commun prend 10 minutes et se fait sans paperasse, RDV ici : SOUSCRIPTION (en plus Helios vous offre le 1er mois !)

C’est 10 minutes de votre vie pour un impact écologique bien plus important que tous les efforts que vous pouvez faire en faisant vos courses, par exemple !

Parler d’argent en couple : un tue l’amour ?

On l’a vu dans la série sur l’argent que je suis en train de diffuser actuellement sur mes réseaux sociaux : quand un sujet est tabou, c’est qu’il sert un modèle de société.

Moins on parle d’argent, moins on a de chances de soulever des inégalités, des injustices ou des mauvaises pratiques. Plus on a de risques de laisser pourrir des situations qui peuvent être très rapidement résolues, aussi.

 

Pourquoi on ne parle pas d’argent dans le couple ?

Je pense qu’on nous a beaucoup trop baignés, surtout nous les femmes, dans le « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Sauf qu’on ne nous dit jamais ce qui se passe après.

Genre comment ils survécurent à la dépression post partum, au manque de sommeil, comment ils communiquèrent et continuèrent à vivre leur couple dans de bonnes conditions !

C’est le grand flou^^

Les tabous favorisent toujours les oppressions.

Et nous avons honte de parler d’argent dans le couple, parce que nous avons peur de passer pour une femme vénale, près de ses sous, qui manque de confiance en son partenaire, etc…

La vérité c’est que c’est bien pratique qu’on n’en parle pas, comme ça on peut continuer à se faire entuber en toute discrétion. C’est dit !

On va se mettre à l’aise tout de suite : on a tous nos casseroles / croyances avec l’argent, et on les emmène avec nous dans nos couples !

Pour moi, pouvoir parler d’argent dans le couple est un baromètre de la bonne santé de celui-ci.

Si ça grince dès que le sujet est abordé, c’est qu’on ne peut pas être pleinement soi-même dans la relation.

Au contraire, accueillir l’autre dans ses questionnements, ses peurs, savoir négocier, tomber d’accord dans l’intérêt de chacun, etc… là, on est dans une relation vivante et saine !

 

LA règle de base pour une gestion saine de l’argent en couple

Ca va peut-être vous étonner, mais lorsque vous établissez un fonctionnement financier avec votre partenaire, la seule question à se poser c’est :

« Comment ça se passerait en cas de séparation / décès ? »

Oui, je vous demande de penser à la fin de votre relation dès le début de celle-ci !

C’est la SEULE façon de mettre en place un système équitable, car nous le verrons par la suite, certains semblent l’être pendant la relation, mais on se rend compte quand la relation prend fin que l’un a été totalement lésé au profit de l’autre.

Je ne peux que vous conseiller cette série de podcasts qui est parfaitement éclairant sur le sujet : Slate – Rends l’argent

Vous y trouverez notamment l’interview de 2 sociologues qui ont fait des recherches poussées et interrogé des Juges aux Affaires Familiales.

On finit par y découvrir qu’à la fin de leur vie, les femmes ont constitué nettement moins de patrimoine que les hommes.

 

Mon conseil : établissez votre fonctionnement budgétaire de couple COMME SI le pire allait arriver.

Une fois le fonctionnement établi, il n’y a plus à y toucher, ou alors à la marge pour des mini ajustements, donc pas d’inquiétude : il ne s’agit pas de vivre chaque jour de votre couple comme si c’était le dernier et que l’autre allait se transformer en tyran procédurier ayant le seul désir de vous ruiner !

 

Peut-on se passer d’un compte commun quand on est en couple ?

Oui, bien sûr ! Même en vivant ensemble d’ailleurs ! Ce n’est en aucun cas une obligation.

Seulement dans ce cas il faut garder en tête 2 choses :

1/ Ce n’est pas très pratique. On va dire que c’est la conséquence la moins grave.

A vous les calculs d’apothicaires et les virements (« Après 37 jours ½ de calcul, j’en suis arrivé à la conclusion que si je paie le loyer + l’électricité, en prenant la racine de Pi au carré ça équivaut au paiement des autres factures + des courses mais seulement si tu renonces à ta botte d’asperges hebdomadaire sinon ça dépasse »)

 

2/ WARNING : il ne faut pas calculer uniquement en argent qui sort, car toutes les dépenses ne se valent pas en cas de séparation.

En effet, si l’un a payé le loyer et les factures pendant 10 ans, et l’autre les courses, la location de vacances, les fringues des gosses, etc… sur le papier et à l’instant T, ça peut paraître équitable, mais en cas de séparation conflictuelle, le conjoint qui a payé les charges fixes peut être réputé avoir payé beaucoup plus et demander un dédommagement.

Bon courage alors pour récupérer les 53 000 factures et prouver que vous avez bien contribué au fonctionnement du foyer vous aussi !

 

Mon conseil : que chacun verse une somme fixe sur le compte commun (nous verrons juste après comment la définir), et que toutes les dépenses du foyer partent ensuite de ce compte.

Et 2ème conseil : gardez un compte personnel !

Déjà parce que vous pouvez avoir envie de faire des dépenses personnelles sans les justifier auprès de votre partenaire.

Et aussi, toujours pareil, parce qu’en cas de séparation, l’un peut vider le compte commun et vous pouvez vous retrouver sans rien.

Les différentes manières de gérer l’argent en couple

On va partir d’une situation où le couple vit ensemble, et où il a fait le choix d’avoir un compte commun.

Partant de là : KOMMENKONFAI maintenant ? Qui met combien sur le compte ?

Vous vous doutez bien que les montants vont varier en fonction de celui des charges et de celui des ressources ! On va essayer de balayer les fonctionnements les plus habituels dans les couples.

 

1/ Le 50/50

Il s’agit de payer la moitié des charges chacun, sans considération pour les revenus.

Il y a encore des couples qui fonctionnent comme ça !

Evidemment, ce fonctionnement n’est pas équitable.

Pourtant, on peut voir des personnes qui le revendiquent, et même des femmes, au nom de la sacro-sainte égalité, au nom du féminisme, même !

« Je suis indépendante, je paye la moitié, j’assume ma part en totalité ».

Mon avis est clair : bullshit.

Les femmes gagnent moins d’argent que les hommes, c’est un fait. Elles ont moins de patrimoine, plus de temps partiels subis, et la maternité pèse sur leurs carrières.

Leur demander de contribuer à 50/50 sans tenir compte de leur handicap de départ, c’est mettre de l’égalité là où ça nous arrange et fermer les yeux sur le reste.

C’est totalement injuste.

 

2/ Le prorata des revenus

De ce que j’en vois, c’est la répartition la plus utilisée aujourd’hui.

On avance dans l’équité.

Celui qui gagne le plus contribue le plus, à hauteur du pourcentage de différence.

On pourrait croire que ce fonctionnement est parfait, mais non, il ne l’est pas.

Voici quelques écueils :

  • Attention à tout ce qui sort pour le foyer EN PLUS de la somme mise sur le compte commun: cette petite fringue pour les enfants, ces courses, ce jouet, etc… L’ironie veut que ce soit le membre du couple qui est le plus investi dans le fonctionnement du foyer qui va être le plus amené à dépenser. Imaginez : vous prenez votre mercredi pour vous occuper des enfants (et perdez 1/5ème de vos revenus au passage), et ce mercredi, vous trimballez vos enfants à droite à gauche avec votre véhicule personnel dont vous payez l’essence vous-même, vous achetez un cadeau pour l’anniv du copain, etc, etc…
  • Attention également à ce qui N’ENTRE PAS dans les dépenses communes donc « proratisables » : je pense en particulier aux crédits immobiliers. Si vous avez un crédit à 50/50, la banque s’en fout que vous gagniez plus ou moins que votre co-emprunteur. Ca peut peser très lourd dans le budget de celui du couple qui gagne le moins.
  • Le niveau de vie du couple est souvent raccord avec les ressources du couple (prix du loyer, standing des vacances, etc…) Du coup, quand l’un des deux gagne nettement moins que l’autre, il contribue certes moins en pourcentage, mais néanmoins sur la base d’une dépense élevée.
  • Regardez le reste à vivre une fois que chaque conjoint a versé la somme sur le compte commun. Même si la contribution est en apparence « juste » et au prorata des ressources, en raison du point précédent, un des 2 conjoints peut se retrouver avec un tout petit reste à vivre, et l’autre avec un reste à vivre beaucoup plus élevé.

C’est exactement de cette façon que l’écart de patrimoine entre les hommes et les femmes se creuse et qu’on trouve donc de grandes disparités à l’échelle d’une vie.

 

3/ Le reste à vivre égal

Est-ce qu’on n’aurait pas là finalement le fonctionnement le plus égalitaire ?

Tous les revenus sont mis en commun, et une fois les charges prélevées, chacun repart avec la moitié de ce qui reste.

Je connais un seul couple qui fonctionne comme cela, et en plus, les deux gagnent quasiment la même somme par mois. On se rapproche donc en fait des deux premiers fonctionnements.

Je trouve que ce fonctionnement, même s’il n’est pas choisi, est intéressant à aborder.

En effet, lorsqu’il y a disparité dans les ressources, très souvent on a le conjoint qui gagne le plus qui va tenir un discours tel que : « Pas de prise de tête baby, l’argent n’est pas un problème, tout ce qui est à moi est à toi ! »

Really ?

Je serais curieuse de voir la réaction de ce conjoint face à la proposition d’un tel fonctionnement !

Serait-il d’accord pour contribuer bien davantage aux charges, et même au train de vie de son conjoint pour que celui-ci soit le même que le sien ?

Il n’est pas rare que dans un couple, les deux n’aient pas le même train de vie, en réalité.

Est-ce qu’on ne verrait pas ressurgir alors une pensée individuelle (« je travaille plus, donc je gagne plus, donc c’est normal que mon argent me profite en 1er ») bien loin du total partage affiché ?

Je pose ça là.

***

Voilà voilà !

Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui car cet article est déjà très long, et il y aurait encore tant à dire !

Le rapport à l’argent me passionne toujours autant d’années en années car je trouve qu’il parle énormément de nous, de notre rapport au monde, aux autres, de la vision de notre valeur, de nos insécurités, etc…

N’hésitez pas à partager vos expériences sous cet article ou sur les posts associés sur Facebook et Instagram si c’est plus facile pour vous !

En tous cas : parlons-en !

Et encore une fois un grand merci à HELIOS  pour son travail au quotidien au sujet de l’argent, et d’avoir sponsorisé cet article !


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Pour en savoir plus, rendez-vous ici : CODES PROMO ET MARQUES ETHIQUES

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5 réflexions sur “Helios lance son compte commun : l’occasion de parler couple et argent!

  1. Lo dit :

    Merci Marie pour ce billet! Je trouve ce sujet passionnant également. Les cas de figure évoqués concernent ils également les couples MARIÉS? Je suis mariée sous le régime de la communauté aux acquêts.
    Pourrais tu développer aussi ce point stp (et les autres)? Merci!

  2. Anne dit :

    Bonjour Marie,
    Il reste un modèle qui n’est pas présenté il me semble :
    Revenus mis sur un compte commun. Pas d’autres comptes persos mais des livrets sur lesquels est mis la même somme régulièrement. 1 par personne. On laisse un reste sur le compte.
    Chacun est alors libre de piocher dans le reste pour son train de vie.
    Tu vas me dire que cela n’évite pas les abus. Effectivement.
    C’est juste mon témoignage de 15 ans de vie commune. En sachant que nous avons le même rapport avec l’argent.
    Merci pour tes articles. Cela fait 4 ans que je te suis maintenant. Je m’excuse du coup pour le tutoiement qui me vient naturellement.
    Bonne journée !
    Anne

  3. Alibibi dit :

    Encore merci Marie ! Qui aborde ces sujets de fond à par toi ?
    Ici, on a fonctionné comme ça depuis 20 ans : mise à plat des charges fixes et versement en début de mois au prorata des ressources. On versait davantage que les dépenses, cela nous faisait un matelas pour un week-end, un voyage … Au quotidien, pour toutes les dépenses courantes, alimentation, maison, cadeaux aux enfants etc, c’etait souvent moi. Il me faisait un virement en fin de mois, toujours à mon avantage car il avait bcp plus de ressources.
    Côté contrat de mariage, et quel qu’il soit, toujours penser à faire un testament avec donation au dernier vivant : 1/ les comptes, même commun, ne sont pas bloqués ce qui permet de faire face aux dépenses incompressibles, 2/ d’avoir une garantie de choix en cas de décès et suivant la situation qui peut être compliquée en cas de famille recomposée. Par exemple une part en héritage et le reste en usufruit avec droit au logement jusqu’à son propre décès, et d’autres choix possibles.
    Un contrat d’assurance vie me semble aussi être la meilleure solution à mettre en place, le plus jeune possible, même avec une petite somme mensuelle.
    Pour un divorce, à part l’épargne perso, je ne sais pas trop. À 39 ans, j’ai pris la décision de me séparer: une cata ! Je me suis retrouvée sans appart, avec ma fille sous le bras, sans argent de côté perso…
    C’est pour ça que j’ai mis tout en place pour mon second mariage et je m’en félicite !
    Désolée pour le pavé mais j’aurais aimé lire des expériences et des conseils quand j’étais jeune. Mais parler argent était encore plus tabou qu’aujourd’hui !

  4. Micky dit :

    Bonjour Marie et merci pour ce sujet de fond. Chez nous c’est un sujet, mon mari gagne un peu plus que moi, car il a fait des efforts pour négocier et atteindre ce revenu. Il pense que je devrais négocier également (car il pense que je mérite un salaire plus élevé).
    Mais je ne suis pas à l’aise avec la négociation, surtout maintenant que nous attendons un enfant, je ne me sens pas en position car jai du être en arrêt maladie pour la grossesse, ensuite je vais être en congé mat, et bientôt je devrais demander un 80% pour garder l’enfant… Je pense qu’on va devoir réfléchir aux solutions de prorata car le 50/50 n’est plus équitable quand un enfant arrive…
    L’argent c’est un sujet pour les entrées mais aussi pour les dépenses, dans mon couple monsieur préfère le neuf tandis que j’aime acheter d’occasion. Enfin des différences culturelles peuvent s’ajouter, comme le fait de devoir aider ses parents (pas de système de retraite partout etc), donc à voir, merci beaucoup pour ton article!

  5. Marine V dit :

    Bonjour Marie,
    Nous fonctionnons au prorata depuis 5 ans. Ta dernière proposition me paraît bien mieux, je vais en parler à Monsieur. Cela semble compliqué à mettre en place..
    Chez nous je gagne plus ( une fierté, mal placée je suis d’accord, mais fierté quand même)
    Mais je suis indépendante, j’ai des rentrées d’argent totalement irrégulières en montant et en délai de payement et aucune protection d’emploi.
    Monsieur lui est fonctionnaire de l’éducation nationale, donc petit salaire mais grande stabilité.
    Du coup je me triture la tête pour envisager un achat de bien équitable et safe pour nous 2.
    J’avais écouté le podcast que tu conseilles il est génial et d’utilité !
    Du coup ce que j’imagine à l’heure actuel c’est faire acter chez le notaire que j’amène un apport de 40% du prix du logement. Et Monsieur payera des mensualités plus importante. Pour moi cela devrait nous protéger tous les 2.
    Si jamais ça peut aider certaine.e.s.

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