« Avec mon mari on ne compte pas et tout se passe très bien. »
« Pas question de se prendre la tête sur qui paye quoi. »
« Je comprendrai jamais cette mode de faire les comptes pour tout. »
« Nous on est une famille, ce qui est à lui est à moi. »
« On n’a pas prévu de se séparer, et au pire si ça arrive on partagera tout. »
« Il faut arrêter de voir le mal partout. »
J’ai un message pour les femmes qui critiquent mes posts sur l’argent et le couple.
Tout ceci est factuellement du déni et de la pensée magique.
C’est OK d’avoir des croyances.
❌️ C’est pas OK de culpabiliser les femmes qui se réfèrent juste à la loi.
Car oui, on parle bien de « loi versus pensée magique ».
« Ce qui est à lui est à moi », c’est de la pensée magique.
Peut-être que vous « considérez que » ou « pensez que » ou « espérez que ».
Mais c’est faux.
La loi et les statistiques vous donnent tort, ce n’est pas moi qui raconte des trucs pour le plaisir de vous embêter.
Un couple sur 2 ou 3 se sépare.
Les femmes se retrouvent bien plus que les hommes dans la précarité quand c’est le cas.
Les hommes meurent avant les femmes.
Les veuves se retrouvent bien plus dans la précarité que les veufs.
Ces veuves qui ont travaillé la moitié de leur carrière pour s’occuper des enfants « en profitant de l’argent de leur mari » mais qui se retrouvent encore avec des retraites de misère malgré la pension de réversion (dans le meilleur des cas, s’il y a eu mariage), retraites encore bien inférieures à celles des hommes.
On peut choisir de plonger dans son biais cognitif d’excès de confiance : « ça ne m’arrivera pas à moi, celles à qui c’est arrivé, c’est de leur faute. »
Mais on peut aussi avoir l’humilité d’admettre que personne ne connaît les 2 bouts de sa vie.
Pourquoi vous auriez « mieux choisi votre mari » que des millions de femmes ?
Je ne vous le souhaite évidemment pas, mais peut-être qu’un jour vous ferez partie de ces femmes qui :
- Sont quittées lorsqu’elles déclenchent une maladie grave
- Sont trompées par leur mari à 30 ans, 40 ans, 60 ans
- Se retrouvent en grande difficulté lors d’une séparation
- Restent dans des couples qui battent de l’aile pendant des années faute de pouvoir partir
- Voient leur mari qui leur avait juré amour et fidélité éternelle partir brutalement, pour l’Autre Monde ou pour une autre personne
- Voient leur mari qui s’est comporté comme un mari et père parfait pendant 20 ans se taper une crise existentielle à 40 ou 50 ans et commencer à faire n’importe quoi.
L’idée n’est pas de penser que ça va arriver tous les matins dès le réveil.
L’idée c’est juste d’être HUMBLE face à la possibilité d’accidents de la vie.
Très sincèrement, tout le monde s’en fiche que vous soyez heureuses en couple.^^
Ce n’est pas le sujet.
(On peut être très heureuses en couple et très au clair sur la situation financière des deux partenaires, mais tout le monde n’est pas prêt pour ce débat).
Le sujet c’est qu’en dénigrant publiquement l’idée que des femmes puissent se préoccuper de leur indépendance financière ou de la justice financière dans leur couple, vous mettez en danger des femmes.
Des femmes qui, en vous lisant, vont se dire « C’est vrai, après tout, pourquoi se prendre la tête avec tout ça ? Je suis une mauvaise épouse, je ne dois pas embêter mon mari avec ça. »
Mais des femmes qui, peut-être, n’auront pas la même chance que vous, et qui malgré le fait qu’elles auront été dévouées toute leur vie se retrouveront virées comme des vieilles chaussettes à 50 ou 60 ans, et se diront « Ah, si seulement j’avais pensé à ma situation financière avant. »
La peur n’évite pas le danger.
Mais l’absence de peur n’évite pas le danger non plus.
Tout comme on a une mutuelle en espérant ne pas tomber malade, ou une assurance voiture en espérant ne pas avoir d’accident, on peut gérer ses finances en protégeant les deux membres du couple en espérant que tout se passe bien jusqu’au bout et en s’aimant très fort, oui oui.
Peut-être que la Vie vous préservera de ces épreuves, et vraiment je ne peux que vous le souhaiter tant vous avez mis toutes vos billes sur la case « Chance ».
❌️ Mais ne critiquez pas les femmes qui tentent de mettre en place une justice financière dans leur couple.
Toutes n’auront pas « de la chance » comme vous.
Un peu d’humilité.
Un peu de compassion.
Un peu de lucidité et le courage de regarder en face la réalité telle qu’elle est : PERSONNE, et même pas vous, ne peut prédire son avenir.
❌️ Je ne vous laisserai pas culpabiliser ou dénigrer les autres femmes dans mon espace virtuel, surtout sur la base de croyances magiques qui défient les statistiques et la loi.




Mise au point tout à fait légitime, chacune fait bien comme elle veut, mais influencer les autres vers la mauvaise pente n’est pas une bonne idée, car en cas de coup dur, personne de celles qui ont critiqué iront aider la personne dans la difficulté qui, à cause d’elles, se retrouve dans l’embarras.
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, mais ça marche aussi au féminin !!!
Bravo Marie !!!
Tout à fait ok avec toi Marie. Je suis l’exemple parfait (pour une fois…) de ce qu’il ne faut surtout pas faire et que tu décris très bien dans ce post. J’ai mis des années à m’en remettre tout en continuant à élever les enfants, qui sont évidemment restés avec moi, et une pension alimentaire au ras des pâquerettes, que mon ex « payait chaque mois, sans faute », comme il me l’a dit un jour. Je lui ai répondu que si je m’étais contentée de mettre la même somme pour élever mes filles, elles ne seraient pas allées très loin….La retraite, je n’en parle même pas, car pendant 20 ans j’ai travaillé avec mon ex qui avait une entreprise personnelle, sans salaire, sans même être déclarée conjoint collaborateur, car « je n’avais pas à m’en faire pour l’avenir ». Voilà….un jour il est parti, même pas avec une plus jeune…..et je suis restée sur le bord de la route à me démener pour élever les filles et maintenant pour survivre avec une petite retraite avec laquelle je me demande si elle « m’élèvera » jusqu’au bout, ce dont je doute beaucoup, quand on voit l’évolution de la vie tous ces derniers temps. Les filles, rien n’est jamais acquis dans la vie et ça n’est pas être déplacée, méchante, ou je ne sais quoi, lorsque vous pensez à ce qui pourrait arriver, sans dire se séparer, mais un accident, une maladie, par exemple qui vous priverait de votre compagnon. Alors croyez-moi, suivez les très bons conseils de Marie, car prévoir, ça ne veut pas dire qu’on pense à mal, mais si jamais….on est bien contente d’y avoir pensé avant. Quand on ne l’a pas fait, c’est pour le restant de la vie qu’on paie les pots cassés et que c’est difficile.