Lecture: « No impact man » de Colin Beavan

Aujourd’hui nous allons parler d’un livre qui s’est imposé comme une sorte de Bible chez les écolo-bobo-décroissants. 

Résumé:

Comme nous tous, Colin Beavan en a marre d’assister, impuissant, au réchauffement climatique, à la déforestation et aux gaspillages en tous genres… Il refuse d’être partie prenante dans la fonte des glaces et la disparition des ours polaires. Son défi: vivre un an en réduisant au maximum son empreinte environnementale. Jusque-là, pas de quoi parader, d’autres l’ont fait avant lui. La grande différence c’est que ledit Colin Beavan vit en plein coeur de Manhattan, au 9e étage d’un building. Et qui dit réduction des émissions de carbone dit pas d’ascenseur, de climatiseur, de réfrigérateur, de transport motorisé -entre autres-, et quand on est un jeune père de famille, l’aventure tourne vite au casse-tête. Son premier challenge: convaincre sa femme, quelque peu accro au shopping, de jouer le jeu. Le deuxième : renoncer aux couches en plastique et aux plats à emporter. Passées ces étapes… eh bien, tout reste encore à faire. L’expérience dure un an, le compte à rebours est enclenché !

Sommaire:
• 1/ Comment un type comme moi se retrouve embringué dans pareille aventure
• 2/ Premier jour: ça commence mal
• 3/ Marasme existentiel dans les poubelles
• 4/ Si seulement les pizzas n’étaient pas servies sur des assiettes en carton
• 5/ Comment réduire votre empreinte carbone et vous brouiller avec votre mère par la même occasion
• 6/ Sauver le monde? Bête comme chou
• 7/ Non-consommation ostentatoire
• 8/ Clic! et la lumière ne fût plus
• 9/ Compenser le mal par le bien
• Epilogue: La vie après une année sans papier toilette
• Appendice: Vous aussi vous pouvez cjanger les choses
Mon avis:

Avant toute chose, je tiens à saluer la démarche de Colin Beavan, qui a été très courageuse et jusqu’auboutiste.
Je lui reconnais le mérite d’avoir fait une expérience totalement en accord avec ses idées, et je l’admire même. Ca n’a pas dû être facile tous les jours, il le dit bien d’ailleurs.

Pour autant, je n’ai pas beaucoup apprécié ce livre.

Contrairement à d’autres, je ne l’ai pas dévoré, loin de là, le délaissant quelques fois plusieurs jours de suite, ce qui m’arrive rarement (je lis beaucoup et tous les jours). Ce n’était pas bon signe.
Je me suis aussi surprise à sauter des pages, ou au moins à certains endroits des paragraphes entiers. En effet, j’ai trouvé beaucoup de longueurs techniques et théoriques dans ce livre qui m’ont paru assez rébarbatives. Pas que les informations théoriques ne soient pas intéressantes (d’ailleurs c’est très bien documenté, les sources sont citées, etc…), mais ce n’est pas ce que j’avais envie de trouver dans un ouvrage qui raconte l’expérience de quelqu’un.
Qu’il expose quelques points pour expliquer sa motivation, je peux tout à fait l’entendre, mais là j’ai trouvé que c’était trop. Quelques fois les explications théoriques prennent 7 ou 8 pages de suite, c’est trop long pour moi.
Ce qui m’intéressait dans le bouquin, c’est comment il a fait, concrètement.

Autre point qui m’a beaucoup dérangé dans ma lecture, et parasité mon intérêt pour son expérience, c’est qu’il raconte beaucoup sa vie, et je n’en vois pas grand intérêt.
Cela tombe un peu dans la psychologie de comptoir à certains moments.
Dans le pathos aussi, car il met en scène des évènements de manière très dramatique.
Le côté « je vous raconte des choses hyper perso sur ma vie » nous plonge un peu dans le show à l’américaine et je n’aime pas ça.
Pour moi ça n’apporte strictement rien au shmilblik. Bien sûr, il aurait pu raconter des anecdotes sur sa vie, comme quand il raconte qu’il s’est brouillé avec sa mère en refusant de prendre l’avion pour aller la voir, ça c’est sa life, mais c’est concret, quoi.
Pas comme le mélodrame sur son oncle qui est mort quand il était enfant.

J’ai trouvé comme un aspect surjoué dans ce livre, une mise en scène de sa vie qui ne me parait pas du tout naturelle.
Alors OK ce mec a été scruté à la loupe pendant un an, suivi à la loupe sur les réseaux sociaux, son blog et des journalistes, ceci explique sûrement cela.
Mais du coup son récit perd du naturel.
Va falloir m’expliquer comment il a réussi à convaincre sa femme qui semble sortie tout droit du Diable s’habille en Prada croisé avec Sex and the City à le suivre et à s’engager dans la démarche. Pour moi c’est trop.
Soit il a surjoué le côté superficiel de sa femme (ce que je pense), soit elle n’a pas pu s’engager autant. Il montre bien que ça coince sur certains points, à des moments, mais sans plus.

Je n’ai pas réussi à m’identifier à cette famille car son point de départ est trop loin du mien, et son point d’arrivée trop extrême aussi.
Point de départ: new-yorkais bling bling modeux qui mangent uniquement des plats à emporter en rentrant tard le soir chez eux de leur journée de boulot acharné.
Point d’arrivée: pas d’électricité, et retour à l’âge des mormons.
Le grand écart, quoi, et je pense que c’est ce côté sensationnel qu’il a voulu surjouer pour faire vendre son bouquin.

Bref.

Ce livre ne m’a rien apporté.
Je ne vais rien en retirer car ses considérations pseudo-philosophiques, sur par exemple le temps passé avec ses enfants au lieu de travailler comme un acharné, ça fait bien longtemps que ça m’avait traversé l’esprit.
Le mieux étant l’ennemi du bien, j’ai peur que sa démarche soit perçue comme trop extrême par le commun des mortels et desserve la cause.
Ou alors que le livre ne soit lu que par des gens déjà engagés dans la cause.

Mais il a eu le mérite de le faire, et c’est ce que j’en retiens.

Un peu dans le même style, j’ai nettement préféré « Comment j’ai arrêté de CONsommer » de Frédéric Mars, beaucoup plus parlant pour moi.

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Une réflexion sur “Lecture: « No impact man » de Colin Beavan

  1. KaMaïa dit :

    Je l’ai lu il y a des années et à l’époque je l’avais trouvé assez percutant. Un peu comme « Faut-il manger les animaux ? » ça a du être un livre qui a éveillé quelques consciences.

    Après le côté new-yorkais m’avait fait sourire moi aussi… la trottinette de Madame (je crois que c’était une trottinette, me rappelle plus bien) et les 10 étages de building à monter à pied 4 fois par jour (là, respect total !)

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